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Finies les immersions dans de grands bacs d’eau glacée, la Cryothérapie Corps Entier (CCE) est en train de prendre le relais dans le monde sportif. Si la Cryothérapie n’a plus à prouver ses vertues, la CCE, qui consiste à exposer la personne à des températures extrêmes allant jusqu’à – 110°C est en pleine expansion en France. Analyse

cryothérapie

 

La Cryothérapie Corps Entier consiste à provoquer un choc thermique à l’intérieur d’une chambre froide en soumettant le corps à une température de – 110°C (jusqu’à – 160° dans certains cas). L’exposition dure en moyenne trois minutes, après être passé dans des sas à -10°C puis – 60°C. Largement utilisée Outre-Rhin et dans les pays de l’Est depuis plusieurs années, cette technique tend à se développer au sein du milieu sportif français.

 

De multiples effets

La modification du flux sanguin (vasoconstriction puis vasodilatation) suite au choc thermique accélère le processus de drainage des tissus et permet une meilleure élimination des toxines. La CCE va déclencher, par l’intermédiaire des récepteurs thermique du corps, une succession de réactions amenant la synthèse d’hormones du bien être comme les endorphines. Le froid provoque d’autre part un effet analgésique (diminution des douleurs) en ralentissant la conduction nerveuse, mais aussi en abaissant considérablement la température tissulaire. Une séance permet donc d’éliminer la sensation de fatigue, aide à assouplir les muscles tendus et intensifie le passage sanguin. De plus, on constate une diminution des œdèmes grâce à une augmentation, dans le corps du sujet, d’hormones à effet anti-inflammatoire et cicatrisant.

 

Quel déroulement?

Pendant la séance, le sportif, torse nu et en short ou maillot, doit dans un premier temps se protéger les extrémités du corps avec des gants et des chaussons, mais également se couvrir la bouche avec un masque, afin que l’air puisse se réchauffer avant de pénétrer dans les poumons. Il passe ensuite entre 2 et 4 minutes dans une chambre à -110°C, après avoir traversé successivement, deux salles à -10°C puis – 60°C. Dans la pièce il reste en contact visuel et sonore avec un opérateur. Le patient détermine lui-même l’arrêt de la séance. (La suite en page 2)

Depuis début janvier 2009, le département médical de l’Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance (INSEP) s’est doté d’une chambre de Cryothérapie Corps Entier. Dans un premier temps réservé aux sportifs de l’INSEP, le traitement est depuis 2010 accessible aux personnes extérieures. « Le résultat est assez impressionnant. Les sportifs récupèrent beaucoup plus rapidement comparativement à une immersion dans l’eau », soulignait Jean-Robert Filliard, adjoint au chef du département médical de l’Institut.

 

La star de la NBA Kobe Bryant, sur les conseils de son ex coéquipier français des Lakers Ronny Turiaf, s’est même rendu à Paris en 2009 pour tester l’expertise de l’Institut en la matière.

La star de la NBA Kobe Bryant, sur les conseils de son ex coéquipier français des Lakers Ronny Turiaf, s’est même rendu à Paris en 2009 pour tester l’expertise de l’Institut en la matière. Depuis, les structures et clubs professionnels tentent d’incorporer au maximum la Cryothérapie dans leurs programmes de récupération et de remise en forme.

 

Le MHSC en éclaireur

Un des pionniers en la matière a été le Montpellier Herault Sport Club qui en 2012 s’est lancé pour la première fois dans le grand froid. « Une fois sorti, il faut attendre quelques minutes pour retrouver toutes les sensations du corps », relatait le gardien Geoffrey Jourdren dans l’Équipe. Le corps entier plongé trois minutes dans le froid polaire d’une cabine fermée, le réveil musculaire est vigoureux. « Cette technique a d’abord été attribuée aux pathologies inflammatoires, avant de déborder sur le muscle, évoquait le docteur Didier Mailhe, chirurgien du club montpelliérain. C’est très court et ça s’intègre parfaitement dans un programme plus global. » Habitués à utiliser l’hydrothérapie du bas du corps par immersion dans de grands bacs d’eau glacé, les Héraultais ont choisi de modifier leurs habitudes. « Ce que l’on a fait ce matin est beaucoup moins agressif, la sensation de froid est moins importante que d’habitude », précisait à son tour l’attaquant sénégalais Souleymane Camara.
Hasard ou non, le club finissait quelques semaines plus tard champion de France pour la première fois de son histoire au terme d’un beau sprint final avec le Paris-Saint-Germain.

Par Pierre Opitz